‘London Pictures’ de Gilbert & Georges

Si vous avez une heure de libre ces jours-ci et que vous aimez l’art contemporain, je vous conseille de passer jeter un coup d’oeil à ‘London Pictures’, la nouvelle exposition des artistes Londoniens Gilbert & George. Il s’agit en fait d’une série de 72 oeuvres présentées en même temps dans trois endroits différents de la ville, les White Cube galeries de Bermondsey, Hoxton Square et Mason’s Yard – une première pour la plus célèbre des galeries d’art de Londres.

Gilbert est né dans les Dolomites, George vient du Devon. Ils se sont rencontrés en 1967 à St Martins School of Art, et ne sont plus quittés depuis. Dès leurs débuts ils ont joué avec leurs apparences, utilisant leurs propres portraits et personnalités comme sujets de leur créations. Ils sont connus pour leurs tableaux, souvent des montages photos aux couleurs vives à l’air de vitraux divisé en grilles, dans lesquels les artistes se tirent le portrait en costard-cravate.

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Le duo s’est souvent penché sur les thèmes de société (racisme, religion, corruption etc), les tabous et les conventions, et utilise beaucoup comme toile de fond le East End de Londres, où ils vivent et travaillent depuis 40 ans. Selon George, “Nothing happens in the world that doesn’t happen in the East End.” [Rien n’arrive dans le monde qui n’arrive pas aussi dans le East End]

Dans les années 1990s, le duo s’est aussi fait connaître avec ses ‘Naked Shit Pictures’, des oeuvres contenant des photos de pipi, caca et sperme… Shocking! Mais ce mois-ci il s’agit de tableaux bien plus intéressants: ils sont basés sur les posters des gros titres des quotidiens de Londres que l’on trouve devant tous les marchands de journaux ici, comme SEX SCANDAL MINISTER DEAD ou MURDERED – FOR FALLING IN LOVE.

Pour ces ‘London Pictures’, Gilbert & George ont volé pas moins de 3712 posters devant les bureaux de tabac pendant plus de six ans. Ils expliquent: ‘One of us would buy a Mars Bar while the other stole the poster. You should try it.’ [L’un d’entre nous achetait un Mars pendant que l’autre volait le poster. Tu devrais essayer.] Ils les ont ensuite triés par thème et mots clés pour en faire 292 tableaux – une espèce de survol de la vie urbaine contemporaine, de sa violence, et de son absurdité aussi. Un zoom sur le côté tragi-comique de la vie à Londres, en somme…

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Gilbert explique: ‘It’s pieces of different parts put together, kind of floating together. It’s like Dickens: all the stories are universal. We have subjects that are very important: sex, money, race, religion.’ [C’est différents morceaux que l’on a mis ensemble, comme flottant ensemble. C’est comme Dickens: toutes les histoires sont universelles. Nous avons des sujets très importants: sexe, argent, race, religion.]

Et plus généralement: ‘Our subject matter is the world. It is pain. Pain. Just to hear the world turning is pain, isn’t it?  Our inspiration is all those people alive today on the planet, the desert, the jungle, the cities. We are interested in the human person, the complexity of life.’ [Notre sujet c’est le monde. C’est la douleur. La douleur. Juste de voire la Terre tourner c’est une douleur, n’est-ce pas? Notre inspiration c’est tout ces gens qui vivent aujourd’hui sur la planète, le désert, la jungle, les villes. Nous sommes intéressés par l’être humain, la complexité de la vie.]

 

ET AUSSI…

On reparle des Malouines cette semaine, puisque c’est l’anniversaire de la guerre des Falklands. Pour plus d’info, lire mon billet sur le contexte de la querelle diplomatique entre le UK et l’Argentine, qui reprend de plus belle aujourd’hui.

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