Dr Dee, an English Opera

Ce week-end j’ai eu l’occasion d’aller voir Dr Dee au London Coliseum, la base du English National Opera (ENO). Écrit par Damon Albarn de Blur (j’avais beaucoup aimé son premier opera, Monkey: Journey to the West) et Rufus Norris pour ENO, il s’agit d’une sorte d’opéra contemporain racontant la vie de John Dee, mathématicien, astronome, géographe et philosophe anglais du seizième siècle.

Un homme au savoir extraordinaire (sa bibliothèque à Mortlake, Londres, était la plus importante du monde à l’époque), Dee devient espion et conseiller de la Reine Elizabeth I, formant un réseau d’informateurs l’aidant à déchiffrer les messages codés avant l’Armada espagnole. Puis plonge dans un délire mystique, pensant pouvoir traduire le langage des anges à l’aide d’un charlatan, Edward Kelley, se faisant finalement renier par la reine et sa cour, et finissant sa vie en paria.

Albarn explique son choix de sujet ainsi: ‘I’ve got a really strange emotional connection – it really gets to me, that haunted, magical England.’ (J’ai une connection émotionnelle étrange – cela me touche vraiment, cette Angleterre hantée, magique.’ C’est un spectacle très original sur une quête assoiffée de savoir, et une période de l’histoire du pays ou la magie et la science n’avaient pas encore été séparées, le Nouveau Monde pas encore découvert. Mais Dr Dee n’est pas du tout un opéra au sens traditionnel du mot: les chanteurs ont des micros, et tout au long du spectacle Damon Albarn, comme un troubadour/commentateur, chante des ballades folk accompagné d’un ensemble comprenant le batteur Tony Allen, le joueur de kora Madou Diabaté et des musiciens spécialisés dans les instruments de l’époque élisabéthaine.

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Voici un petit teaser avec des interviews et la chanson Apple Carts:

J’ai beaucoup aimé la mise en scène et les projections de chiffres et formules magiques (effet Matrix guaranti); et apprécié les petites touches d’humour (entre deux formules de mat on voit apparaître le plan du métro londoniens, par exemple). Les musiciens et chanteurs étaient tous magnifiques, à part  le libretto Christopher Robson qui joue le méchant Kelley et qui tape vraiment sur les nerfs…

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Malheureusement, il n’y a pas encore d’information sur de possible nouvelles représentations en Angleterre ou à l’étranger. Par contre, Albarn ayant sorti un disque pour accompagner l’opéra, vous pouvez l’écouter tranquillement chez vous en attendant. Voici des extraits de ces morceaux, qui ont vraiment quelque chose de magique…

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