Halley VI, Antarctique

Je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont attirés par un pays où il fait encore plus moche que chez eux, ou si simplement ils sont motivés par le même esprit d’exploration et d’aventure qui les pousse à braver les sommets de l’Himalaya (Edmund Hillary) ou les mouches tsé tsé d’Afrique du Sud (David Livingstone), mais les Britanniques ont toujours été fascinés par les grandes étendues blanches de l’Antarctique. Pendant la grande époque d’exploration du continent, au début du 20ème siècle, les Norvégiens, Allemands et Français ont tous organisé une, voire deux expéditions. Mais les British en ont organisé huit! Et pas toujours avec beaucoup de succès: celle de Scott se termine avec la mort de faim et de froid de tous ses participants; et la dernière du grand explorateur Ernest Shackleton se termine également avec la mort du capitaine.

Ces héros de l’histoire de l’exploration polaire, habitués à survivre dans des conditions inimaginables, dans des cabines en bois (voir ici et ici) sans confort, aux conditions du continent blanc (des températures de – 50 degrés, et trois mois de nuit totale en hiver) seraient étonnés de voir ce que la dernière expédition britannique, achevée il y a quelques semaines, a réussi à accomplir.

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Photos: British Antarctic Survey

Ressemblant à un vaisseau de science-fiction croisé avec un petit train, voire une caravane du désert de Star Wars, la nouvelle base scientifique britannique du British Antarctic Survey, Halley VI est une série de wagons bleu et rouge montés sur des skis. Pour moi elle symbolise tout à fait le mélange d’excentricité et d’ingénierie qui fait la force de l’architecture britannique contemporaine. Sa forme est une solution au problème qui a enseveli les stations précédentes (les vents de 100 miles à l’heure qui soufflent la neige) et ses skis permettent de la déplacer sans souci sur la plate-forme glaciaire du Brunt Ice Shelf, qui avance vers l’océan de plusieurs centaines de mètres par an.

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Ce projet ayant coûté £26m est l’oeuvre du tout petit bureau d’architecte Hugh Broughton et des ingénieurs Faber Maunsell. La base a été construite très vite, puisque la météo ne laisse qu’une fenêtre de 10 semaines durant “l’été” antarctique. Mais les éléments préfabriqués (débarqués du bateau, puis tirés pendant 10km) ne pouvant pas peser plus de 9 tonnes, pour ne pas casser le sol de glace, il a fallu beaucoup construire sur place. Vous pouvez voir une vidéo de la BBC expliquant les challenges du projet ici.

Voici l’équipe qui a permis au projet de se réaliser. Vous imaginez conduire des pelleteuses pendant deux mois et demi avec des températures de -20, et la prochaine ville à des milliers de kilomètres de là?

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Halley VI est aussi pensée pour être le plus confortable possible: 65 personnes y vivent en été; 15 en hiver (dont deux femmes, y compris la commandante de la base) pendant 9 mois d’isolation totale. Il y a de grandes fenêtres, pour que l’équipe aie le plus de lumière possible, et puisse profiter des aurores boréales; des plafonds de hauteurs différentes, pour éviter la monotonie; un bar et même un salon avec une table de billard – un élément essentiel si vous voulez mon avis!

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Photo: Sam Burrell

Le tout avec une déco digne du dernier QG de Google. Si vous voulez voir des photos de l’intérieur, et en apprendre plus sur la vie à Halley VI, faites un tour sur le blog de Mike, un ingénieur de recherche du British Antarctic Survey.

 

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