Paul Smith

Avec plus de 40 ans de mode en poche (d’un costard super-bien taillé of course), le couturier Paul Smith est derrière l’une des marques britanniques les plus courues et les plus respectées. Déjà anobli par la reine il y a quelques années, Paul Smith est ce mois-ci une nouvelle fois à l’honneur, puisque le Design Museum lui consacre une expo tout entière. Voici donc sept choses à savoir sur ce dandy et collectionneur connue pour ses fameuses rayures multicolores:


1. Paul a eu une enfance magique

Paul-Smith
Né à Nottingham (l’ancienne capitale de l’industrie textile anglaise) en 1946, Paul Smith a grandi dans une famille modeste très unie. Il tient sans doute sa créativité de son père, un photographe amateur qui avait des idées fantastiques, comme de prendre son fils de 11 ans en photo sur un faux tapis volant et de monter l’image avec une carte postale du fameux pavillon indien de Brighton. Le résultat est tout simplement magique!

À part cela, point d’exotisme dans la vie du jeune Paul, influencé surtout par le style typiquement British qu’il voyait autour de lui: “When I look back I realise how influenced I was by Nottingham. There’d be the coal miners, Derby tweeds and the elegance of the country squires. My brother worked for the Post Office and wore that blue cotton drill shirt.” (Quand je regarde en arrière je réalise combien j’ai été influencé Nottingham. Il y avait les mineurs de charbon, les tweeds de Derby et l’élégance des gentlemen de campagne. Mon frère travaillait pour la Poste et portait cette chemise en coton bleu typique).

2. Paul voulait être maillot jaune

Image 7

La passion d’enfance de Paul Smith, c’était le cyclisme, et il passait tout son temps libre à faire du vélo autour de Nottingham. Malheureusement, un terrible accident a mis fin à sa carrière de maillot jaune avant même qu’elle n’aie vraiment commencé. Smith a dû passer six mois à l’hôpital, et en sortant s’est fait de nouveaux amis artistes et stylistes. Il n’a pas abandonné le vélo pour autant: il vend des bicyclettes, des selles fluos, des caleçons , T-shirts, pulls et boutons de manchettes avec des motifs bicyclettes, ainsi que des accessoires et vêtements pour cyclistes pour la marque Rapha.


3. Paul est un Sir mais il a commencé en bas de l’échelle

Paul Smith a beau être un Sir (il n’utilise pas son titre), mais il a quitté l’école à 15 ans sans aucun diplôme. Il s’est retrouvé homme à tout faire dans un entrepôt et fabrique de vêtements, un boulot qui ne l’intéressait pas du tout jusqu’à son accident de vélo. Il s’est ensuite lancé de tout coeur dans le travail, devenant responsable de l’achat des vêtements pour hommes à l’âge de 17 ans, prenant des cours du soir de couture, et travaillant pour Lincroft Kilgour sur Savile Row à Londres.

Sa première boutique, à Nottingham, faisait 3m sur 3m. Sa deuxième, à Covent Garden à Londres (il y en a toujours une sur Floral Street), n’était ouverte que les week-ends puisque le reste du temps il gagnait de l’argent en étant étalagiste, tailleur et styliste.

Il explique son succès ainsi: “The reason I’ve been successful is because I’ve just got on and packed boxes and I know that VAT means Value Added Tax not vodka and tonic. I’ve sold on the shop floor, I’ve typed invoices. At some point I’ve done everything, and I’ve always kept my head above water financially.” (La raison pour laquelle j’ai autant de succès c’est parce que j’ai retroussé mes manches et rempli des boîtes et je sais que TVA veut dire taxe à valeur ajoutée et pas tonic et vodka. J’ai travaillé en tant que vendeur, j’ai envoyé des factures. À un moment ou un autre j’ai tout fait, et j’ai toujours été financièrement sain et sauf.)


4. Paul aime les rayures

Image 1
Paul Smith a fondé sa marque en 1976, mais son motif le plus reconnaissable, les rayures multicolores qui forment aujourd’hui la majorité de son identité visuelle, ne sont apparues qu’en 1997 – d’abord sur une chemise, puis sur des sacs, et à présent sur toutes sortes de produits, des bouteilles d’Évian aux voitures Mini.

L’inspiration pour ces rayures vient sans doute des costumes pinstripe classiques portés par tous les gentlemen londoniens. Et les stripes symbolisent parfaitement le style Paul Smith, un mélange de traditionnel et de décalé qu’il décrit lui-même comme “classic with a twist”. Il explique: “I take ingredients from upper-class tailoring, hand-made suits and so on, and bring them together with something silly. So I might bring together a beautiful suit with a denim short. Or use floral prints inspired by old-fashion seed packets for men’s shirts.” (Je prends des ingrédients de la couture upper-class, comme les costumes sur mesure, et je leur apporte quelque chose d’un peu bête. Une veste portée avec des shorts en jean. Ou j’utilise des imprimés floraux inspirés par des vieux paquets de graines sur des chemises pour homme.

Autre sources d’inspiration: la musique. Paul Smith écoute de la musique pendant deux heures chaque matin avant que ses employés n’arrivent au bureau (il se lève à 5h du matin). Sa collection automne/hiver 2011, par exemple, était inspiré par Frank Zappa et Captain Beefheart.


5. Paul vend de tout et partout

Image 5

Ce mélange détonnant marche du tonnerre: la marque a plus de 200 boutiques dans 66 pays autour du monde (c’est très populaire au Japon), et vend 14 différentes collections (Women, PS, London, chaussures, parfums, montres, meubles etc). Il y a aussi des tapis, des tasses, des lunettes et j’en passe. Les collections Paul Smith sont faites en Angleterre et en Italy avec des tissus français, italien et anglais. À Londres, vous trouverez des boutiques à Borough Market (design), Marylebone, Royal Arcade, Nottinghill, Soho et Mayfair…

6. Paul est légèrement bordélique…

Image 4

Je ne sais pas comment sa femme depuis toujours, Pauline Denyer, fait pour le supporter: Paul Smith est un collectionneur invétéré. Même s’il est très dyslexique, son bureau, ci-dessus, est plein à craquer de livres (voici ses préférés). C’est aussi une caverne d’Ali Baba d’objets étonnants, souvent offerts en cadeau par des fans: la veste d’Usain Bolt, un sac de Patti Smith, un livre fait à la main par une petite fille de 10 ans, et des trucs couverts de timbres envoyés par la même personne, anonyme, depuis 20 ans.

Sa passion pour les objets beaux, différents, intéressants et utiles est présente dans ses magasins bien sûr. Il fut le premier à stocker des Filofax, puis a vendu des créations de Tom Dixon et James Dyson, ainsi que des vieilles BD et jouets japonais. On trouve de tout, de lampes vintages à des carnets fabriqués à Tokyo, dans sa nouvelle boutique de Mayfair et son minuscule magasin de Borough Market.


7. Eclectique et excentrique, Paul aime se mettre en scène, et ses produits aussi

Image 2

Inspiré par son père, Paul Smith aime à se tirer le portrait et n’a jamais peur du ridicule – “I’ve got a very open mind, so I look at small and big and rough and smooth and kitsch and beautiful” (J’ai l’esprit très ouvert, alors je regarde ce qui petit et grand, rudimentaire et lisse, kitsch et beau). Il aime aussi mettre en scène ses collections, dans de magnifiques boutiques, toutes différentes les unes des autres (contrairement à celle de la plupart des marques de modes) et inspirée par leur emplacement, que ce soit une boîte rose flash sur Melrose Avenue ou un jardin japonais à Tokyo.

> Hello My Name is Paul Smith, jusqu’au 9 mars 2014, £12, au Design Museum

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s