New year, new baby

Illustration: arrrggghhhink.blogspot.com

Je voudrais vous parler aujourd’hui de ma dernière expérience avec le fameux NHS, le National Health Service si cher aux Britanniques – ce fut même une des stars de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Une expérience que je qualifierais d’excellente, en sachant que je n’ai eu aucune complication, et que j’ai eu de la chance de tomber sur du personnel très sympa.

Ce qui malheureusement n’est pas toujours le cas ici, puisque la NHS fait face à des coupes budgétaires énormes (le gouvernement de droite essaye de s’en débarrasser), et qu’il manque de sage-femmes à Londres, où il y a un vrai baby-boom. Ce qui explique peut-être le succès d’émissions comme le documentaire One Born Every Minute, (je vous le conseille si vous voulez voir comment cela se passe ici…) et le feuilleton Call the Midwife.

Avant l’accouchement:
• Un service hi-tech: j’ai reçu un e-mail chaque semaine avec des conseils adaptés au stade de ma grossesse; un message SMS pour me rappeler chaque rendez-vous (mon docteur fait la même chose); une semaine après l’accouchement un texte pour me demander si je recommanderais l’hôpital (répondre 1 si non, 5 si oui!)
• L’importance des sages-femmes: si tout se passe bien, on ne voit que des midwifes (sages-femmes; la première que j’ai vue était française d’ailleurs!) et une fois le GP (docteur) et seulement pour faire connaissance puisque c’est lui/elle qui vous suivra une fois le bébé arrivé. En cas d’accouchement sans problèmes, seul(e) un(e) sage-femme est dans la salle avec vous.
• L’aspect négatif de ce système plutôt bien organisé c’est que l’on ne voit jamais les mêmes personnes: en neuf mois, je n’ai jamais vu la même sage-femme deux fois de suite, mais des personnes différentes à chaque rendez-vous. J’imagine que ce n’est pas rassurant si on a une grossesse à problème.
• Les échographies: on a le droit à deux, voire trois échographies selon les hôpitaux, on doit payer quelques pounds (qui vont à une organisation caritative) pour avoir des photos imprimées.
• Les NCT classes: La plupart des parents middle-class participent à des cours de préparation à l’accouchement de l’organisation caritative National Childbirth Trust, qui sont extrêmement bien faits et permettent aux mamans de se rencontrer et de trouver des amies avec qui partager les joies de leur congé maternité.
• Les hôpitaux sont pleins, donc on vous prévient que ce n’est pas la peine d’aller à la maternité dès que les contractions commencent. D’ailleurs, ils vous renvoient chez vous si vous n’êtes pas assez dilatée… que vos contractions vous fassent mal ou pas…

L’accouchement
• De nombreux hôpitaux proposent deux options: le traditionnel labour ward, plus médicalisé, et le birth centre ou maison de naissance, plus naturel, où l’on peut souvent accoucher dans l’eau. Les accouchements à la maison représentent 2% des naissances.
• Dans tous les cas, les sages-femmes essayent d’intervenir le moins possible et de laisser le plus de choix à la future maman. Les pieds dans les étriers comme dans les films, c’est fini ici sauf s’il y a complications. Le conseil officiel c’est d’éviter d’être allongée sur le dos, la position la moins efficace et la plus douloureuse pour la parturiante (mais la plus pratique pour les médecins).
• Malgré toute cette politique d’accouchement naturel, une femme sur quatre ici accouche par césarienne.
• Comme antidouleur, la première option est le gaz and air (entonox), suivie de toute sorte d’autres drogues, et jusqu’à la péridurale. Mais seulement 40% des femmes ont une péridurale, contre environ 60%-70% en France.

Après l’accouchement:
• On est transféré dans un ward, une chambre à quatre lits séparés par des rideaux, pas idéal pour dormir quand les bébés crient à tour de rôle… Mais dans certains hôpitaux on peut louer des chambres privées pour £250 la nuit.
• Les bébés sont sous haute sécurité: ils ont un bracelet électronique à la jambe qui sonne s’il s’enlève ou si le bébé sort du ward. Une midwife doit accompagner les parents à la sortie pour rassurer la sécurité que c’est bien leur bébé qu’ils emmènent.
• Vous rendent visite sur le ward toutes sortes de spécialistes venus proposer leur aide maintenant et une fois rentrée chez vous, que ce soit pour la reéducation du périnée ou l’allaitement, avec lignes d’assistance téléphoniques…
• S’il n’y a pas de problème, on peut ne rester que 24h à l’hôpital. Le bébé se fait checker toutes les 3h; la maman un peu moins souvent, les midwifes viennent au moindre problème pour vous aider à nourir ou changer le petit.
Après le OK du pédiatre et des sage-femmes qui vérifient que vous allaitez sans problème, on vous donne tous les documents nécessaires pour inscrire le petit à l’état civil (ici on a 42 jours pour le faire) et chez le GP, et un carnet de santé pour le bébé, et on vous laisse rentrer chez vous.
– Le suivi à la maison est très bien organisé: le lendemain de votre sortie de l’hôpital, des sage-femmes de votre quartier viennent s’assurer que tout va bien. S’en suit quelques rendez-vous, à la maison, puis plus tard au GP ou à la Baby Clinic de votre quartier.
• Breast is best: la ligne officielle du gouvernement c’est de motiver les mamans à allaiter le plus possible. Il y a marqué sur tous les paquets de lait en poudre que l’allaitement c’est mieux. Et du coup malheureusement de nombreuses jeunes mamans culpabilisent de ne pouvoir allaiter, et sont prises de haut par certaines sage-femmes.

Avez-vous fait l’expérience d’un maternity ward de la NHS ou d’ailleurs? Qu’en avez-vous pensé? Il y a-t-il beaucoup de différence avec les maternités françaises?

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