Dans la forêt londonienne

Il y plus de 8 millions d’arbres à Londres – autant que de Londoniens. Il y a ceux que l’on trouve dans de véritables forêts bien sûr – j’aime tout particulièrement Richmond Park, à l’ouest, avec ses chênes centenaires gardés par les biches; au nord, Highgate Woods, rempli de charmes majestueux; au sud-est, la colline de Shooters Hill, depuis laquelle on découvre un séquoia et des collines verdoyantes jusqu’à l’horizon.

Mais il y a aussi tout simplement les arbres plantés le long des avenues et des rues de la capitale. Depuis ma fenêtre, je vois un sureau, un lilas, des aubépines et un sorbier (sans compter les oliviers et romarins géants qui poussent dans les front gardens de mes voisins).

Grâce au lockdown, je suis en train d’apprendre à les reconnaître tous – pas facile quand les platanes ont des feuilles d’érable, et que des espèces exotiques se cachent entre deux marroniers. Heureusement, une carte, the Tree Talk map, identifie de nombreux arbres de la capitale et vous permettra de vous renseigner lors de votre balade quotidienne (même si malheureusement certains boroughs n’ont pas encore partagés leurs infos).

Pour plus de détails sur les arbres de Londres, découvrez le travail du bien- nommé Paul Wood, un spécialiste de la forêt urbaine et auteur du blog The Street Tree. Son guide de terrain, London’s Street Trees, est très bien fait, tout comme sa carte papier, ainsi que son livre London is a Forest. Grâce à lui vous découvrirez où trouver des goyaviers, hibiscus et arbres à soie de Perse; quel arbre venu d’Orient on a planté à travers tout Londres lorsque les chinoiseries étaient à la mode; ou bien encore quelles rues ont les plus beaux cerisiers en fleurs pour fêter l’hanami.

Voici quelques-uns des arbres les plus répandus dans les rues de la capitale:

Platane commun
Par ici, le platane est synonyme de la capitale: on l’appelle en anglais le London plane, et ce fut le premier arbre à être planté systématiquement pour décorer les rues de la capitale, au milieu du 19ème siècle. Il y a de magnifiques spécimen sur l’Embankment, ou dans les allées de Highbury Fields.
Charme
Le hornbeam pousse dans cette partie du pays depuis des milliers d’années. Bien avant l’apparition de la métropole londonienne, une ancienne forêt de charmes couvrait tout le sud de l’Angleterre.
Aubépine
Avec ses jolies fleurs blanches, roses ou rouges, le hawthorn était très apprécié après la guerre. Il est un peu passé de mode (peut-être parce qu’il a tendance à pencher) mais on le trouve dans toutes les rues résidentielles, de Brixton à Crouch End.

Tilleul
Adoré des Victoriens car facile à propager, le lime tree fut l’arbre de choix à Londres pendant très longtemps. On les retrouve souvent le long des avenues des banlieues chics comme Dulwich et Finchley, mais au centre, ils se sont fait remplacer par des platanes, qui résistent mieux à la pollution.
Robinier
Le false acacia est un cousin d’Amérique, un arbre exotique adopté dès 1636 par les Anglais. Ses grappes de fleurs blanches attirent les abeilles, mais ses branches souvent tordues sont plutôt fragiles – mieux vaut se méfier quand il y a du vent.
Liquidambar
Le American Sweetgum (et non pas un érable) a lui aussi traversé l’Atlantique. On l’aime beaucoup ici pour ses belles couleurs automnales, sa résistance à la pollution et sa taille qui peut atteindre les 40m.
Bouleau de l’Himalaya
Autrefois réservé aux arboretums, le Himalayan birch est apparement la superstar du moment. On trouve des jeunes spécimens de ce joli bouleau à l’écorce toute blanche absolument partout à Londres – notamment une forêt miniature devant la fameuse Tate Modern au bord de la Tamise. Les architectes adorent.
Chêne
On trouve plutôt des English oaks, symbole du pays, dans les parcs de Londres (il y en a de magnifiques à Richmond Park) mais ils ont parfois fière allure en pleine rue: à Ealing le Carlton Road tree est au milieu de la route, et le Little Gaynes Lane Oak à Upminster est le plus vieux arbre de rue de Londres, du haut de ses 330 ans.
Marronier
Originaire des Balkans, le horse chestnut fut introduit à Londres au 17ème siècle. On les trouve surtout dans les banlieues et dans les parcs. Dans le nôtre il y a un marronier si ancien que ses branches, croûlant sous le poid de l’âge, touchent le sol.

Et pour accompagner votre balade dans les rues de Londres, cette bande-son vous transportera dans une vraie forêt anglaise.

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