Ian Fleming

The name’s Fleming, Ian Fleming. De Casino Royale à The Man with the Golden Gun, le créateur de 007 a inventé un genre à lui tout seul: le glamorous spy novel avec l’agent spécial, son flingue, ses costards, ses conquêtes, ses ennemis jurés, ses gadgets. Et le petit James Bond a de qui tenir: la vie de Fleming est un sacré roman (d’espionnage, bien sûr).


1. Ian est né avec une cuillère en argent dans la bouche

Né en 1908 à Mayfair et éduqué à Eton et Sandhurst, Ian Lancaster Fleming faisait partie de la très haute société britannique – il avait de l’argent, et des connections. Sa mère Evelyn était une grande beauté qui connaissait le tout-Londres; son père, Valentine Fleming (ci-dessous), était originaire d’une grande famille de banquiers écossais, le propriétaire d’un grand domaine dans le Oxfordshire (ci-dessous), un membre du parlement et un héros de la Grande Guerre (il est mort lorsqu’Ian avait neuf ans; Winston Churchill lui-même écrivit sa nécrologie dans The Times).

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Ian trouva sans doute beaucoup d’inspiration dans cette classe sociale privilégiée (un critique littéraire a un jour décrit sa formule magique comme état basée sur les trois “S: Sex, Snobbery and Sadism” – trois termes qui pour beaucoup d’Anglais sont associés avec le monde des British upper class et des grandes écoles privées comme Eton).

2. Du coup il aimait les belles choses…

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Il y apprit aussi le plaisir des belles choses: des costumes trois-pièces de Savile Row et des chaussure John Lobb sur mesure, des noeuds papillons à pois et des pyjamas en soie, des rasages de près chez Geo F Trumper de Mayfair, des parties de bridge et de golf avec ses copains du club Boodles sur St James Street (dont les membres pouvaient lire des journaux fraîchement repassés). Il aimait aller boire des verres au Dukes Bar, un endroit connu pour ses martinis (shaken not stirred) mais ou Ian préférait boire des Pink Gin. Il déjeunait aux très chics Scott’s, White’s, et the Dorchester. Enfin, il n’a jamais conduit de Bentley, mais était propriétaire d’une Thunderbird (sa passion pour les belles voitures est aussi apparente dans son livre Chitty Chitty Bang Bang, l’histoire d’une voiture magique écrite pour son fils Caspar et devenu un film/comédie musicale à succès)


3. Mais c’était un raté…

Ian a grandi dans l’ombre de son père le héro, et de son grand frère Peter qui faisait tout mieux que lui (sauf en sport, ou Ian excellait). Il s’est fait jeté d’Eton à la suite d’une histoire de fille; n’a pas atteint le poste d’officier à Sandhurst (il s’est fait viré pour ne pas avoir respecté le couvre-feu). Désespérée, sa mère l’envoie en Autriche, où il apprend à skier, et petit à petit se trouve une identité: le bad boy/gentlemen Anglais, fine mouche et coureur de jupons.

Il retourne en Angleterre ou il vit avec sa mère, échoue à travailler dans les banques ou au Foreign Office. Il passe les années 1930s à boire, faire la fête et draguer les filles. Son seul succès: une pige pour Reuters, qui l’envoie en Russie pour faire un reportage sur un procès d’espions à Moscow, avec laquelle il montre un talent certain pour le journalisme. Seulement le grand frère Peter est déjà un journaliste respecté…

4….avant de trouver sa vocation dans l’espionnage

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La guerre arrivée, Ian trouve enfin quoi faire de sa vie: il devient espion à la Naval Intelligence Division. Sous le couvert de journaliste au Times, il s’envole pour la Russie, puis de son poste à Whitehall devient la main droite d’un des plus grands maître d’espionnage du pays John Godfrey. Il organise des plans et des missions anti-Allemandes, une échappée belle depuis Dieppe, coordonne l’évacuation du roi Zog d’Albanie et l’opération Golden Eye à Gibraltar, écrit des mémos à William Donovan aux USA pour lui donner des conseils sur comment fonder un réseau (la future CIA), et dirige avec succès le commando 30 Assault Unit depuis Londres.

Après la guerre, Ian continue de travailler pour les Services secrets depuis son poste au The Sunday Times magazine. De Londres, il coordonne un réseau mondial d’espions (80 correspondants du magazine qui n’ont jamais fait de journalisme auparavant), et continue de fréquenter les clubs et les restos chics de la capitale. Son ancien collègue Godfrey Smith, explique: ‘Il s’est fabriqué le boulot parfait. Il était au bureau jusqu’au vendredi après-midi, puis il jouait au golf tout le week-end.’

5. Puis l’écriture de romans à succès

Cherchant de nouvelles sources de revenu pour continuer à maintenir son train de vie alors que sa mère avait dépensé toute la fortune familiale, Ian décida d’écrire un roman d’espionnage. C’était Casino Royale, qui commence ainsi: “The scent and smoke of a casino are nauseating at three in the morning. James Bond suddenly knew that he was tired…” Le roman est populaire, et Ian continue d’écrire une douzaine de livres, adorés par des personnalités comme John F Kennedy (un grand fan de From Russia with Love).

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Sa nouvelle carrière lui permit de converser et devenir ami avec des écrivains comme Raymond Chandler, Kingsley Amis, Noel Coverd et Somerset Maugham, et de rencontrer des personnalités de la jet-set…

 

6. Ian aimait à se réfugié en Jamaïque

Tout le monde rêve de s’échapper sur une île au soleil, et bien Ian l’a fait. Après avoir découvert la Jamaïque lors d’une conférence navale, il est enchanté par ce paradis tropical, si loin des rations du UK, et de la Guerre Froide, et il y construit une maison, Goldeneye.

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Il y passait deux mois par an. Deux mois pendant lesquels il écrit un roman en suivant un emploi du temps très précis: 1000 mots, puis un peu de plongée avec masque et tuba; cocktail et lunch sur la terrasse, 1000 mots de plus, de la plongée et des soirées passés à boire et à flirter. Il s’y installe ensuite avec sa femme Anne et y finira sa vie.

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Photo: Francis Goodman, National Portrait Gallery

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Il avait aussi une maison sous les falaises blanches de Dover, à St Margaret’s Bay. On dit que le numéro de Bond, 007, vient du numéro du bus National Express Londres-Douvres.


7. Ian ne faisait pas les choses à moitié

Surtout si votre femme était belle… Il était connu comme le genre de ‘gentleman’ qui draguait les femmes mariées, même celle mariées à ses amis proches. Il a épousé Anne après avoir eu une liaison avec elle pendant de longues années, au cours desquelles elle fut deux fois mariée de son côté. C’était aussi probablement un alcoolique et un sadique (sa femme adorait apparemment…), et un auto-destructeur qui fumait clope sur clope et ignorait l’avis des médecins. Il est mort d’une crise cardiaque à 56 ans…

Difficile de dire ou Ian Fleming s’arrête, et ou commence Bond… On en saura certainement un peu plus dans quelques années, avec la sortie d’un nouveau film sur l’écrivain réalisé par Duncan Jones.

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