Loyers, propriétés et immobilier

L’autre jour je lisais avec intérêt un article sur ces pauvres Membres du Parlement, qui demandent une augmentation pour pouvoir habiter près du parlement. Apparemment, ils ne veulent pas être à plus de 20min à pied de leur lieu de travail, ces pauvres petits. Cela montre encore une fois à quel point ils sont déconnectés de la réalité de Londres, où les gens font en moyenne deux fois 40 minutes (le plus souvent en métro) pour se rendre au travail. Et pourquoi n’habitent-ils pas près de leur travail? Ben tout simplement parce que contrairement aux MPs, ils ne peuvent pas demander à leur employeur une augmentation de salaire pour habiter à deux minutes de leur bureau.


Des loyers qui augmentent de 32% en trois ans

Cela fait deux ou trois ans que la situation à Londres s’empire; il devient de plus en plus difficile de trouver un logement correct à des prix raisonnables. Selon le HomeLet index des loyers, le loyer moyen à Londres a augmenté d’un incroyable 32% depuis 2009 pour atteindre £1,240 par mois. Selon la définition du Maire de Londres, un loyer est abordable s’il ne coûte pas plus que 35% du revenu. Une famille moyenne à Londres gagne £2,608 après impôts, donc un loyer abordable devrait être au maximum £913 par mois. Selon Rightmove, environ 30% des locataires dans le sud-ouest du pays (c’est-à-dire Londres et les régions où il est possible de commute à Londres) dépensent plus de 50% de leurs revenus en loyer. Selon l’organisation Shelter, une famille doit gagner au minimum £52,000 pour pouvoir vivre à Londres.

Alors concrètement, combien devez-vous dépenser pour un loyer à Londres? Ce site du gouvernement montre les prix quartiers par quartiers des différents types de logements, des chambres simples aux maisons. Le site Rentonomy a quant à lui créé des graphiques montrant les loyers à chaque station de métro, ligne par ligne. Sur la Jubilee, les plus hauts loyers sont à Westminster (£1,160 par semaine! pauvres MPs), les moins chers à Kingsbury (£214 par semaine). Vous voulez savoir où vous pouvez habiter selon votre salaire? Ce site, London Rents, vous permet de voir vos options (très limitées) dans le Grand Londres – surtout si vous gagnez le salaire minimum (£862) ou le salaire London Living Wage (£1,114) que de nombreuses compagnies sont en train d’adopter.


Des maisons hors de prix

Et bien sûr c’est le même problème pour ceux qui ont réussi à économiser assez d’argent pour se payer un appartement à Londres (en moyenne il faut débourser £368,000; en réalité pour avoir quelque chose de bien, dans un bon quartier assez central, il faut £500,000). Cela fait des années que les Anglais sont obsédés par ‘getting on the property ladder’ (‘monter sur la première marche de l’échelle de la propriété’) et passent leurs soirées à discuter de mortgages (hypothèques) et de comment transformer leur maison pour la revendre plus chère.

Seulement le prix des maisons baisse partout dans le pays – sauf à Londres, pour le moment. Et qui de la nouvelle génération, des moins de 30 ans par exemple, pourra se payer une maison? Ils ont des dettes énormes à la sortie de l’université, et ensuite ne gagnent pas assez pour économiser le fameux deposit (apport) qui leur permettra d’accéder à la propriété.


Londres, un ghetto de riches?

L’un des plus grands atouts de Londres, c’est la mixité de sa population. Riches et pauvres jusqu’à présent habitaient dans les mêmes quartiers, voire dans les même rues, voire en face ou au dessus les uns des autres. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il y a très peu de ghettos ici – même à Westminster il y a des council estates (cités) et des chômeurs qui vivent à quelques pas des grandes maisons de Hyde Park. Mais des changements dans le système des benefits (la sécurité sociale) voulus par le gouvernement de droite son en train de transformer la capitale. Les councils peuvent maintenant déplacer des familles entières, loin de leurs amis, de leurs écoles ou de leur travail, s’ils trouvent des loyers abordables ailleurs. Comme l’explique cet article du Guardian, des Londoniens depuis des générations peuvent se retrouver forcé d’habiter à des centaines de kilomètres de Londres, où le council a déplacé leur logement social. Certains appellent cela du social cleansing.

Si cela continue comme cela, Londres deviendra-t-il un simple ghetto de riches? Mais qui va donc leur servir leur latte et leur vendre leur Cartier si personne ne peut habiter en ville? En tout cas les gens fortunés du monde entier ont de quoi faire, car le nombre de maisons de luxe ne faibli pas – Londres est l’endroit préféré des riches Russes, Émiratis et Chinois pour placer leur argent. Ils y achètent un palais (peut-être la maison la plus chère de Londres, à £300 millions) ou une belle maison à Kensington où ils s’empressent de construire un sous-sol de luxe avec gym et piscine, viennent quelques semaines par année pour faire du shopping, et puis s’en vont.

Notez aussi que les riches qatari ne se contente pas d’acheter des maisons: ils sont aussi propriétaires du Shard, du Village Olympique, de la plupart de Canary Wharf, des appartements les plus luxueux de Londres, One Hyde Park; de Harrods, de 20% de la Bourse de Londres, et 20% de Camdem Market… Plus de 50% des immeubles de la City appartiennent à des compagnies étrangères. Les mêmes qui doivent prendre leur mal en patience en ces temps de crise, et même parfois arrêter la construction de tours puisque beaucoup d’immeubles de bureaux sont vides dans la City… Un comble non? des millions de mètre carrés inoccupés, et des millions de familles en quête de logements décents!

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