Watching the English, de Kate Fox

Je vous parlais dans mon billet précédent de de la difficulté pour certains de comprendre les Britanniques. Si c’est votre cas, je vous recommande de lire le désormais classique Watching the English de Kate Fox, une anthropologue basée à Oxford qui se spécialise dans des thèmes comme la culture des pubs, les courses de chevaux, et la signification des frites.

Comme elle le dit si bien elle-même: ” I don’t see why anthropologists feel they have to travel to remote corners of the world and get dysentery and malaria in order to study strange tribal cultures with bizarre beliefs and mysterious customs, when the weirdest, most puzzling tribe of all is right here on our doorstep.” (Je ne vois pas pourquoi les anthropologues se sentent obligés d’aller dans des coins perdus de la planète et attraper la dysenterie et la malaria en étudiant des cultures tribales étranges, alors que la plus intrigantes, la plus bizarre des tribus est juste là sur notre palier.)

Publié en 2004, Watching the English a pour but de décrire les caractéristiques principales de la British-itude. Vous y apprendrez pourquoi les Brits parlent de la météo tout le temps (par politesse tout simplement), comment ils utilisent l’humour et l’ironie pour se défendre (un de mes trucs préférés ici), et pourquoi ils disent tout le temps sorry. J’ai particulièrement aimé le passage où l’auteure tente une expérience dans une gare bondée, pour voir si les gens disent sorry quand ce n’est pas leur fautes, et n’y arrive pas au début car étant elle-même anglaise, ne peut s’empêcher de dire Sorry! avant eux.

Voici sa conclusion sur l’humour anglais, que je trouve très bien ciblée:

“In other cultures, there is ‘a time and a place’ for humour: among the English it is a constant, a given – there is always an undercurrent of humour. Virtually all English conversations and social interactions involve at least some degree of banter, teasing, irony, wit, mockery, wordplay, satire, understatement, humorous self-deprecation, sarcasm, pomposity pricking or just silliness. Humour is not a special, separate kind of talk: it is our default mode; it is like breathing, we cannot function without it. English humour is a reflex, particularly when we are feeling uncomfortable: when it doubt, joke.”


“Dans d’autres cultures, il y a ‘un temps et un lieu’ pour l’humour. Chez les Anglais c’est une constante, un donné – il y a toujours un courant humoristique sous-jacent. Pratiquement toutes les conversations anglaises et les interactions sociales impliquent au moins un certain degré de plaisanterie, taquinerie, ironie, mots d’esprit, dérision, jeu de mots, satire, euphémisme, autodérision, sarcasme, dégonflage de grandiloquence ou tout simplement de la bêtise. L’humour n’est pas une sorte de communication spéciale: c’est notre mode par défaut, comme la respiration, nous ne pouvons vivre sans lui. L’humour anglais est un réflexe, surtout quand nous nous sentons mal à l’aise: quand tu n’es pas sûre, fais une blague.”

Il y a aussi des remarques très pertinentes sur le fait qu’il n’y pas de service aux tables dans les pubs (cela aide/force les Anglais si réservés à se rencontrer au bar); sur la passion nationale pour le bricolage (chacun marque son territoire); mais aussi sur les différentes classes sociales; la conduite; le tea et la nourriture; le sexe; et les rites de passage. Bref, un livre sérieux mais bien écrit qu’il vous faut lire si vous comptez comprendre vos voisins!

> Watching the English, de Kate Fox, 2006, Hodder, £8.99

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