Discworld de Terry Pratchett

La mort de l’écrivain Terry Pratchett, auteur de la série Discworld, la semaine dernière a fait la une des journaux ici, car en Angleterre, la science-fiction n’est pas seulement une affaire de geeks (autre explication, également plausible: la population anglaise consiste en grande majorité de geeks). Certains, pour rendre hommage au grand écrivain populaire, ont même décidé de cacher son nom dans le code internet, pour qu’il vive éternellement et universellement sur le web (une idée inspirée par son 33ème livre, Going Postal).

Discworld, c’est l’histoire des habitants d’un monde étrange en forme de disque, posé sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes perchés sur le dos d’une tortue géante. C’est aussi et surtout une façon de parodier notre société, et de parler de toutes sortes de problèmes culturels, politiques ou scientifiques contemporains – l’étiquette fantasy est incroyablement réductrice dans ce cas. Small Gods parle de religion et de fanatisme, Making Money de capitalisme et The Witches de l’importance de l’esprit critique.

Comme Pratchett lui-même l’expliquait: “Recent Discworld novels have spun on such concerns as the nature of belief, politics and even journalistic freedom. But put in one lousy dragon and they call you a fantasy writer.” (“Le thème des derniers romans Discworld ont inclus des questionnements sur la nature de la croyance religieuse, la politique et la liberté de la presse. Mais il suffit d’inclure un pauvre dragon et on se fait catalogué écrivain de fantasy”)

Les romans de Discworld, ce sont le genre de livres avec couvertures criardes que l’on trouve dans toutes les gares et aéroports du pays, le genre de livre que j’ignore d’habitude en me disant que ce n’est pas mon genre. À force de les voir, et d’en entendre parler (ils se sont vendus à plus de 80 millions d’exemplaires, et traduits en 37 langues), j’ai craqué et j’ai ouvert The Colour of Magic, le premier de cette série. Et je me suis bien amusée. Ce livre, décrit par Pratchett comme étant un hommage au 25 ans passés à lire de la fantasy (tout a commencé à 13 ans, lorsqu’il a lu Lord of the Rings en 25h) regorge de blagues et suit les aventures du pauvre Rincewind, magicien raté qui s’en prend plein la figure.

D’autres personnages apparaissent ensuite, comme Death (la mort), qui parle toujours en PETITES MAJUSCULES, Granny Weatherwax, une sorcière pleine de sagesse qui défini le mal comme étant “lorsque l’on traite des personnes comme des choses”; Sam Vines, un policier qui déteste l’autorité; et Moist von Lipwig, le brigand et escroc au nom tout simplement parfait.

Discworld, c’est Tolkien qui ne se prend pas au sérieux et qui parle d’humains plutôt que de hobbits; c’est un cousin du également très drôle The Hitchiker’s Guide to the Galaxy. C’est surtout plein de bons mots et de citations tout simplement parfaites (on dit souvent que Pratchett est l’un des auteurs les plus dignes d’être cité, après Shakespeare and Wilde).

Chaque fan a son préféré, du “So much universe, and so little time”; au philosophe “The presence of those seeking the truth is infinitely to be preferred to the presence of those who think they’ve found it” et “Wisdom comes from experience. Experience is often a result of lack of wisdom” ou encore “The trouble with having an open mind, of course, is that people will insist on coming along and trying to put things in it.” Personnellement, j’aime beaucoup le “If you have enough book space, I don’t want to talk to you.” (Si tu as assez de place pour tout tes livres, je ne veux pas te parler”).

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