Bristol

Écolo et un peu hippie sur les bords, Bristol est un ancien repaire de pirates devenu berceau du trip hop. Ses murs sont couverts de street art – y compris des œuvres de nul autre que le héros du coin, Banksy – ses bateaux accueillent pubs, restos et concerts, et il y a assez de musées et d’attractions dans le coin pour meubler toute une semaine sous la pluie. Pas étonnant que la ville (qui vient d’interdire les voitures diesel à partir de 2021) soit devenue une destination touristique prisée des Britanniques, et attire les Down from London, ces familles qui fuient la capitale trop chère et emménagent dans une de ces maisons bristoliennes de toutes les couleurs, perchées sur l’une des nombreuses collines de la ville.

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Où donc?

Ville portuaire sur la rivière Avon, Bristol se situe à l’ouest de Londres, juste après les Cotswolds, et juste avant le Pays de Galles. On peut y aller en train Great Western Railway depuis la gare de Paddington en passant par Bath et Chippenham; le voyage jusqu’à Bristol Temple Meads – l’une des plus belles gares du pays – dure 1h40 et coûte environ £70 aller-retour (si vous achetez les billets en avance).

De l’eau sous les ponts

Anciennement Brycgstow (‘l’endroit près du pont’), Bristol fut l’une des plus riches villes du Moyen-Âge en Angleterre, devenant au 18ème le deuxième port le plus important du pays. Tournés vers la Gascogne, l’Irlande, l’Islande et le Nouveau Monde, ses marins, pirates et explorateurs naviguent sur l’Atlantique, profitant du commerce triangulaire pour remplir leurs coffres (comme à Nantes, son équivalent français peut-être ?). Les navires bristoliens ont transporté environ 500,000 esclaves d’Afrique en Amérique, ramenant des tonnes de sucre et tabac au Royaume Uni.

On y fabrique les premières barres de chocolat Fry’s, du verre bleu magnifique, et bien sûr du papier Bristol. Mais la ville se fait surpasser par Liverpool, Birmingham, et Manchester lors de la Révolution Industrielle, et terriblement bombarder durant le Blitz, qui détruit presque 90,000 bâtiments. La Luftwaffe suivait le cours de la rivière Avon au clair du lune, remontant jusqu’à ses cibles: le port et les usines de la Bristol Aeroplane Company, fabriquant des avions Bristol Fighters et Bristol Bulldog (et l’ancêtre de BAE Systems, l’un des plus grands employeurs de la région).

Airbus et Rolls-Royce sont aussi dans le coin et vous pouvez même grimper sur un Concorde au musée Aerospace Bristol. Car les locaux aiment s’envoyer en l’air : on trouve à Bristol la Air Balloon Road (où l’aéronaute Mr Dinwiddie a atterri avec son ballon hydrogène en 1784; il faisait la course avec un de ses copains depuis Bath)  ainsi que Cameron Balloons, un des plus grands fabricants de montgolfières du pays, qui organise chaque année en août, le Bristol International Balloon Fiesta.

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C’est l’occasion de voir des montgolfières survoler le monument le plus célèbre de la ville, le Clifton Suspension Bridge, un pont construit par le grand ingénieur Victorien Isambard Brunel, qui à son inauguration en 1864 détenait le record de la plus longue portée au monde. D’origine française et éduqué au Lycée Henri-IV à Paris, puis à l’université de Caen, Brunel a révolutionné les transports publics et l’ingénierie moderne, construisant le bateau à vapeur SS Great Britain, aujourd’hui attraction touristique phare de la ville, ainsi que le Great Western Railway, la ligne de train que vous emprunterez sans doute pour vous rendre à Bristol.

Qu’y faire?

Tout d’abord, montez à bord d’un des petits ferry jaunes de Bristol Ferries  – de préférence celui avec Gromit sur la proue (Aardman Animation, les auteurs de Wallace & Gromit, Chicken Run et Shaun the Sheep, sont des Bristoliens pur jus) et explorez le Floating Harbour. Vous pouvez prendre le ferry depuis la gare, et aller jusqu’à l’arrêt Nova Scotia, ou vous trouverez un pub traditionnel et le Underfall Yard, ou bien vous arrêtez à Mardyke pour le Grain Barge, un pub sur un bateau noir, qui sert d’excellentes pies et des bières du coin:

Autrefois le port de Bristol était sujet aux marées (13m de différence!), et les bateaux amarrés se devaient d’être “shipshape and Bristol fashion” (toutes les marchandises bien accrochées) pour ne pas perdre de cargo à marée basse, quand les bateaux étaient penchés dans la vase. À l’époque, il y avait tant de navires sur l’eau qu’il était possible de traverser la rivière en sautant d’un bateau à l’autre.

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Le ferry s’arrête également au SS Great Britain, l’attraction phare de la ville. Construit par le grand ingénieur Isambard Kingdom Brunel, ce paquebot à vapeur britannique est le premier navire de haute mer doté d’une coque de fer et d’une propulsion à hélice. Vous pouvez y grimper sur le pont et même sur les cordages, visiter le musée, inspecter la coque et halluciner devant la taille des cabines… Même dans celles de première il n’y pas de quoi swing a cat!

Juste à côté, se trouve un Banksy, The Girl with the Pearced Eardrum, et à quelques minutes de là le M Shed, le musée (gratuit) de la ville, ainsi que les magasins et boutiques des containers de Cargo à Whapping Wharf. Continuez par le pont tournant de Princes Street et vous trouverez la statue du Vénitien John Cabot, parti de Bristol en 1497 à la découverte de l’Amérique du Nord, ainsi que la Arnolfini Gallery, un excellent musée d’art contemporain. De l’autre côté du Pero’s Bridge se trouvent le super café No 1 Harbourside, ainsi que pour les enfants, l’aquarium de la ville et le musée We the Curious, une sorte de cité des science où vous pouvez animer votre propre film, à la Shaun le mouton.

Pour découvrir le reste de la ville, je vous recommande la visite guidée Blackbeard to Banksy, qui mêle street art et histoire en parcourant les rues du centre historique.

Sinon, suivez les pas des pirates (dans les films anglais, les pirates ont toujours l’accent de Bristol) et allez admirer le Llandoger Trow, où Daniel Defoe aurait rencontré le marin qui lui aurait inspiré Robinson Crusoé, ou bien boire un verre au Hatchet Inn, ancien repère du pirate Barbe-Noire, un Bristolien qui mettait des pétards dans sa barbe pour semer la panique dans les Caraïbes. Vous pouvez également visiter gratuitement le Matthew, une réplique du bateau avec lequel Cabot a découvert le Canada en 1497, un navire en bois comme ceux des pirates.

Pour faire du shopping, allez à Park Street, une rue très sympa avec petites boutiques et cafés, et le Bristol Museum au bout. Une petite faim: foncez au St Nicholas Market, dans l’ancien Corn Exchange. Autrefois on y vendait des marchandises sur des petites tables en métal, les Nails; aujourd’hui on y trouve des stands de vêtements, souvenirs et autres, ainsi que toutes sortes de bonnes choses à manger. Je vous recommande le stand de Pieminister, une compagnie bristolienne fabriquant des tourtes délicieuses:

L’autre spécialité de la ville, et de la région du West Country, c’est bien sûr le cidre. Vous pouvez en goûter au Apple, un cider bar offrant plus de 40 sortes, sur une barge à Welsh Back, et en acheter au Bristol Cider Shop, LE spécialiste de cidre et de perry. Il y a aussi de nombreuses brasseries dans le coin, y compris le tout nouveau Left Handed Giant sur la rivière, près du Castle Bridge. Et pour ceux qui préfèrent leurs boissons sans alcool, il y a toujours le Ribena, en vente dans toutes les kiosques et supermarchés du pays. Inventé à Bristol en 1938 par un diététicien, ce jus de cassis plein de Vitamine C était distribué aux enfants britanniques pendant les périodes de rationnement de la Seconde Guerre Mondiale.

Le centre-ville exploré, allez visiter les autres quartiers de Bristol. N’oubliez pas de mettre des chaussures confortables, il y a des collines partout! D’ailleurs, c’est à Bristol que se trouve la rue la plus en pente du pays, Vale Street, dans le bien-nommé quartier de Totterdown (“tituber vers le bas”) : avec 22 degrés d’inclinaison, les voitures doivent se garer en diagonale pour ne pas dégringoler.

Le bus 8 vous emmènera à Clifton, et son fameux pont suspendu. (Grimpez vers l’observatoire pour les meilleures vues, puis glisser sur le Clifton rock slide, un rocher utilisé comme toboggan depuis plus de 100 ans. À part ses jolis crescents de rues colorés et perchés sur la colline, le quartier a aussi de jolis magasins et restos, ainsi qu’un grand zoo adoré des enfants de la région.

Pour découvrir les côtés plus alternatifs/hipsters de la ville, prenez le bus pour Stokes Croft ou Montpelier, ou continuez jusqu’aux boutiques indépendantes de Gloucester Road, la rue sans chaîne de magasins la plus longue du pays – pas de Tesco ou de Costa par ici (un miracle!).

Et pour finir, de la musique! Ceux qui ont grandi dans les années 1990 le savent, Bristol c’est évidemment la ville du trip hopTricky, Massive Attack, Roni Size et Portishead ont tous débuté ici.  Trouvez tous les concerts par ici, ou bien essayez le Thekla, un bateau-scène-nightclub qui acceuille les plus grands et les plus cools.

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