Sans dessus dessous

Le week-end dernier, lors d’une promenade au centre-ville, je suis tombée sur cette oeuvre de Haegue Yang dans une des salles de la Tate Modern: Sol LeWitt Upside Down – Structure with Three Towers, Expanded 23 Times, Split in Three 2015. Il y a 500 stores installés en pyramides inversées, et cela me rappelle les bureaux de la city, vides depuis que tout le monde work from home… Une salle de musée sans visiteur (je n’ai pas dû attendre un moment propice), un monde un peu à l’envers, et le parfait symbole de Londres aujourd’hui.

À première vue, tout semble normal dans la capitale, les bus roulent à toute vitesse, les restaurants de mon quartier sont pleins… Sauf que… tout y est un peu upside down. Un dimanche à Bourough Market, il y a à peu près un quart des stands habituels installés sous les arches – on peut même voir ce qu’il y a sur les étals sans se faire marcher sur les pieds ou se perdre dans la foule. À midi, il n’y a pas de queue pour manger dans les chaînes comme Wagamama et Nando’s. Le magasin de souvenirs n’attire plus personne; les théâtres ont baissé leurs prix. Et dans la Tate Modern, où de nombreuses zones sont fermées, je n’ai jamais vu si peu de visiteurs dans les salles d’expositions gratuites.

C’est agréable, honnêtement, pour les Londoniens, d’avoir notre ville à nous, sans touristes (-80% sur les années précédentes). Mais cela fait un peu peur aussi franchement. Comment tous ces musées et ces restaurants vont-ils se remettre de tout ça? Le métro transporte toujours moitié moins d’utilisateurs par rapport à pré-Covid; et 1 employé sur 5 dans le secteur des hôtels et restaurants était encore en furlough (congé payé) en juillet. Maintenant que les versements du gouvernement se sont arrêtés, vont-ils perdre leur travail?

Il y a vraiment une grande différence entre le centre-ville de Londres et les quartiers où les gens vivent, où les magasins sont pleins, les pubs aussi, et les parcs n’ont jamais été aussi populaires. Ceci dit, nous avons de nombreuses connaissances qui ont quitté le navire, déménageant pour leur pays d’origine, ou plus de place à la campagne (environ 5 familles dans une classe de notre école quand même).

Ceux qui restent ont bien du mal à s’imaginer vivre ailleurs en cette période incertaine. Pour finir sur une note plus positive, ce sondage franco-anglais sur l’effet de la pandémie sur nos capitales montre que la majorité des Londoniens et des Parisiens ne souhaitent pas renoncer à la vie en ville… C’est vrai qu’ici en plus, avec le problème de l’essence (il manque des conducteurs de camions citernes…), cela ne donne pas envie d’aller se coincer dans le countryside, avec le supermarché le plus proche à 30 minutes de voiture…

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