Les effets du Brexit

Photo: meandeu.uk

Pour le moment, les effets les plus visibles du référendum sur le Brexit pour ceux qui l’ont choisi (ou pas) sont sans doute les produits rétrécis dans les paniers de supermarché (c’est une véritable shrinkflation, du Toblerone mutilé aux packs de jus moins remplis) – et la hausse du prix des vacances en Espagne. Le tout dû à la chute de la livre (€1 = £0.90) qui est à son point le plus bas depuis trente ans.

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L’autre chose qui crève les yeux, c’est le manque incroyable de préparation du gouvernement (et de ceux qui avaient proposé et soutenu le Brexit en premier lieu, comme les infâmes Boris Johnson et Michael Gove). La première ministre Theresa May a beau dire que ‘Brexit means Brexit’, on n’en sait pas vraiment plus. Rien n’a été étudié, recherché, pensé, et pire, les avis des experts sont ignorés. Tout ça n’est pas très sérieux. David Davis, Secretary of State for Exiting the European Union, n’a même pas apporté de dossier à la première réunion des négociations, comme le montre cette photo devenue symbolique du gouffre qui sépare le UK et l’UE.

C’est un véritable Ministry des Silly Walks (cf Monty Pythons) là-dedans.

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On apprend des choses au compte-gouttes, à la faveur de bons mots de Johnson, ou de fuites comme celle d’aujourd’hui. Marché unique ou pas? Droit des Européens établis ici maintenus ou pas? Tout le monde se contredit, mais ce qui est sûr, c’est que le referendum est, slowly but surely, en train de causer de grands problèmes au pays. Plus que le vote lui-même, c’est l’incertitude qui est la plus dangereuse. Elle fait fuir ceux – individus comme grandes entreprises – qui ne veulent pas prendre de risque ou qui savent qu’ils pourront trouver mieux ailleurs.

Les 2.2 millions d’Européens travaillant au Royaume-Uni, s’ils veulent rester, devront bientôt s’inscrire auprès du gouvernement pour obtenir une carte d’identité spéciale (les Britanniques n’ont pas de carte d’identité, seulement des passeports). Certains n’ont pas attendu, et ont fait les démarches pour obtenir une Permanent Resident card, malgré les efforts du gouvernement pour les décourager car croulant sous les demandes (une ruée vers les visas provoquerait du travail pour 140 ans).  D’autres encore visent la nationalité britannique – les demandes de naturalisation venant d’Européens ont doublé depuis le Brexit. Pas étonnant quand on voit déjà apparaître des cas flagrants de discrimination.

Mais d’autres, au contraire, ont saisi l’occasion pour quitter le navire, partant pour une contrée où l’herbe est plus verte – et le taux de change plus favorable – il a eu 84,000 Européens en moins entre 2015 et 2016. Très présents au UK, les ouvriers Polonais s’en vont aussi à cause des hate crimes qui montent en flèche depuis le référendum – comme si le vote avait légétimisé les racistes et les xenophobes. (Certains ont eu leur maison brûlée, leur courrier plein de haine). Beaucoup d’étrangers vivant dans des petites villes hésitent à parler leur langue maternelle dans la rue, de peur d’attirer l’attention sur eux.

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Tous les domaines sont touchés par les effets du Brexit, des universités (plus de financement Européen) à l’industrie nucléaire (à qui acheter de l’uranium?). Entre autre, on a pu lire récemment que:
les restaurants sont pris en tenaille entre la hausse du prix des ingrédients, et baisse du nombre de candidats (25% des chefs et 75% des serveurs sont Européens).
les fermiers ont du mal à trouver des employés voulant bien faire les travaux des champs – qui va bien ramasser les fraises pour Wimbledon?
les entreprises de construction sont touchées par le ralentissement de l’économie (plus de grands projets en vue) et le fait que sur certains chantiers de la capitales, 70% des ouvriers sont Européens.
la NHS peine à recruter des infirmières.

J’aimerais finir sur une note positive, donc tout de même: Londres est moins cher pour les touristes (venez nous voir!), et en plus, on a un super maire pro-Européen, Sadiq Khan, qui nous défendra bec-et-ongle. London is Open, comme l’a si bien dessiné Quentin Blake:

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