Keep calm and carry on… Brexiting

Parfois je me demande si le flegme britannique n’est pas un peu contre-productif… Des mois après le référendum sur le Brexit, nous ne sommes toujours pas plus avancés sur la question. Pourtant la date fatidique du 29 mars 2019 approche à grands pas, et l’automne prévoit d’être mouvementé pour le gouvernement qui s’entre-déchire sur la marche à suivre (n’ayant pas préparé de plan au préalable en cas de victoire du Brexit…)

On dirait que beaucoup d’Anglais préfèrent se mettre la tête dans le sable, complètement blasés par des mois et des mois de discussions qui ne mènent absolument à rien. C’est aujourd’hui que le fameux poster Keep Calm and Carry On (préparé en cas d’invasion allemande par le Ministry of Information mais jamais utilisé, et à présent figurant sur toutes sortes de souvenirs touristiques) prend tout son sens…

On reste calme et on continue, en dépit du bon sens. On continue comme si de rien n’était, alors que de l’autre côté de la Manche, dans la même situation, on en serait sans doute aux barricades et voitures brûlées. Ici, la seule personne en colère qui a vraiment marqué les esprits ces derniers temps, c’est l’acteur working class Danny Dyer. Le clip où il s’énerve contre David Cameron, qui a lâché la bombe du Brexit puis s’en est allé tranquillement, a fait le buzz ici:

 

 

 

Selon les fameux mots de la première ministre Theresa May, Brexit means Brexit… Mais Brexit… ça veut dire quoi, en fait? J’aime beaucoup cette définition d’un anonyme qui a fait fureur sur Internet: “The undefined being negotiated by the unprepared in order to get the unspecified for the uninformed.” Mais celle du premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel n’est pas mal non plus, étant un peu plus précise: “They were in with a load of opt-outs. Now they are out, and want a load of opt-ins.” Quant au comédien James Acaster, il résume cela en parlant de thé, of course!

 

Je vous parlais l’autre jour des premiers effets du Brexit. On pourrait rajouter à cela un nouveau rapport de Cambridge University qui montre que le commerce est déjà en train de souffrir, avant même de savoir quels seront les nouveaux tarifs d’exportation. En 2016 le UK aurait perdu £1bn en exports à cause de la menace du Brexit. Mais comme le rappelle cette blague du journal Private Eye, à tous ceux qui disent que le Brexit n’a rien changé, le plus dur est à venir:

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De nombreuses personnes demandent à présent un deuxième référendum, citant le fait que les Brexiteers ont menti durant la campagne, et ont excédé les limites de budget autorisé. D’autres pensent que le public doit pouvoir voter sur les conditions exactes du deal. Mais il ne reste plus que 6 mois avant le Brexit, et c’est difficile d’imaginer que le gouvernement propose cela. Pourtant, grâce à la courageuse activiste Gina Miller, le gouvernement ne peut signer d’accord sans l’approbation du parlement.

Et ces dernières semaines, tous les signes montrent que les MPs de Westminster ne laisseraient pas passer l’accord complètement inadéquat que Theresa May essaye de négocier. Et si il n’y a pas de deal, alors c’est le crash total: il faudrait dans l’urgence instaurer des accords dans tous les domaines, de l’aviation à la défense, de la libre circulation des personnes aux imports-exports et à la finance – des accords qui normalement prennent des années à négocier.

Peut-être que la seule façon de sortir de cette impasse est encore une autre élection? Et bien ce n’est pas si facile, la situation politique nationale étant elle aussi très compliquée: Theresa May, une anti-Brexit, est à la tête d’un parti historiquement pro-Brexit; son rival, Jeremy Corbin, est un pro-Brexit à la tête d’un parti de jeunes tous anti-Brexit… Donc pour qui voteraient les électeurs dans tous ce mic-mac?

C’est pourquoi l’idée d’un deuxième référendum refait surface lentement… et est cité par la BBC comme une des quatre solutions possible au problème . Cela voudrait dire que le UK devra demander une prolongation à l’Union Européenne, et surtout décider de la question à inscrire sur les billets de vote. Le risque le plus grand, c’est de proposer une option No deal, que seul les plus fous des Brexiteers soutiennent, et qui serait catastrophique pour le pays.

Le Brexit a été voté à 52% contre 48%; aujourd’hui, les chiffres se sont inversés complètement: les derniers sondages parlent de 52% pour remain, et 48% pour Brexit. Mais une grande majorité – 73% – pense que les négociations ne se passent pas bien du tout. Et pour la première fois, un sondage a montré qu’une majorité (42% contre 40%) souhaitait un deuxième référendum sur la question.

Quoi qu’il en soit, cette blague du comédien Leo Kearse résume bien l’attitude de beaucoup par ici: ‘I was angry about the whole Brexit and free movement thing but then I realised I haven’t been on a holiday since 2012 and I’m broke anyway so how much worse can it get?’ De nombreux Britanniques sont trop occupés à survivre aux coupes budgétaires du gouvernement et à vivoter avec leur trop bas salaires pour avoir le coeur à suivre des négociations sans fin sur un sujet auquel ils ne comprennent rien.

 

 

 

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